Un choix fiscal mal maîtrisé peut transformer une SCI en casse-tête durable. Derrière la façade administrative, chaque option de régime de TVA engage la société civile immobilière sur des rails différents, parfois irréversibles. Dès la constitution de la SCI, la question se pose : rester à l’impôt sur le revenu (IR) ou opter pour l’impôt sur les sociétés (IS) ? Ce choix n’est jamais anodin. Il conditionne la gestion comptable, la fiscalité sur les loyers, l’éventuelle récupération de TVA et, surtout, la façon dont la SCI s’acquittera de l’impôt lors de la vente d’un bien. Attention, l’option IS, une fois retenue, ne se rattrape pas : elle engage la société pour de bon. Il s’agit donc de regarder au-delà de l’horizon immédiat, d’anticiper l’évolution des investissements, la gestion future et la sortie éventuelle du patrimoine.
Pour s’y retrouver, voici une synthèse des principales caractéristiques de chaque régime, puis une comparaison chiffrée des conséquences pratiques, tant au démarrage qu’au moment de la cession d’un immeuble.
SCI à l’impôt sur le revenu (IR)
| SCI | IR | |||
| Revenu foncier | ||||
| Fiscalité | Déficits fonciers | |||
| TVA sur option | ||||
| Tenue d’une comptabilité recommandée, mais non obligatoire | ||||
| Recettes issues des loyers | ||||
| Dépenses déductibles : | Coûts administratifs | |||
| Paris | Frais de gestion 20€ par local | |||
| Frais de copropriété | ||||
| Taxes diverses | ||||
| Intérêts d’emprunt | ||||
| Travaux d’amélioration | ||||
| Ventes | Régime des plus-values immobilières des particuliers | |||
| Baux | Habitation |
SCI à l’impôt sur les sociétés (IS)
| SCI IS | |||
| IS, BIC | |||
| Fiscalité | Dividendes soumis à l’IR | ||
| TVA de plein droit | |||
| Obligation de produire un bilan déposé au greffe du Tribunal de commerce | |||
| Comptabilité | Revenus constitués par les loyers facturés | ||
| Dépenses déductibles : | Dépenses dans l’intérêt de la SCI | ||
| Coûts d’acquisition | |||
| Amortissement | |||
| Vente de bâtiments | Régime des plus-values professionnelles | ||
| Habitation | |||
| Baux | Professionnel | ||
| Commerciaux |
Comparaison concrète : SCI à l’IR ou à l’IS ?
Pour illustrer ces différences, prenons un cas simple : acquisition d’un immeuble de 170 000 €, amorti sur 30 ans, auquel s’ajoute un terrain de 20 000 € (non amortissable), le tout financé par un emprunt à remboursement constant. Le but ici n’est pas de couvrir toutes les subtilités, mais de mettre en lumière les écarts majeurs.
À noter : pour les plus-values réalisées par des particuliers, l’exonération fiscale est totale après 30 ans de détention.
| IR | IS | |
| Loyers annuels | 7 200 | 7 200 |
| Dépenses déductibles | -3 000 | -3 000 |
| Amortissement | -5 000 | |
| Revenu imposable | 4 200 | -800 |
| IR (tranche 30%) | -1 260 | |
| CSG non déductible | -722 | |
| IS | 0 | |
| Déficit IS reportable | -800 | |
| Imposition annuelle | -1 982 | 0 |
Ce rapide comparatif montre que l’amortissement offert sous le régime IS permet d’effacer la base imposable, là où l’IR expose à une taxation immédiate. On comprend vite l’attrait du régime IS pour ceux qui souhaitent investir et réinjecter les bénéfices dans la SCI.
Mais tout n’est pas si simple. À la revente, l’amortissement cumulé vient majorer la fiscalité sur la plus-value. L’économie d’impôt réalisée au fil des années peut donc être en partie rattrapée lors de la sortie, avec une note finale plus lourde.
Avant de se lancer, mieux vaut se faire accompagner par un expert, comme le cabinet Sofico, pour évaluer tous les impacts sur la durée et bâtir une gouvernance adaptée à ses ambitions. Penser court et long terme, c’est la seule façon d’éviter les mauvaises surprises. Après tout, un choix fiscal n’est pas un simple formulaire : c’est une trajectoire qui engage pour des années, parfois toute une vie patrimoniale.


