Construire ou modifier un bâtiment sans autorisation d’urbanisme, c’est risquer gros. L’absence de permis de construire ou de déclaration préalable peut entraîner des sanctions lourdes. Ceux qui omettent de régulariser leur situation s’exposent à des amendes salées, à une obligation de rétablir les lieux, voire à des poursuites pénales. Il existe toutefois un délai de prescription pour ce type d’infraction, et il est possible d’obtenir un permis de régularisation.
Quelles démarches administratives avant d’entamer des travaux ?
Dans la plupart des cas, toute construction, extension ou rénovation nécessite une démarche auprès de la mairie. Selon l’ampleur du projet, cela peut prendre la forme d’un permis de construire ou d’une déclaration préalable. Même une simple transformation de façade ne peut se faire sans l’accord de la commune. L’autorisation doit être obtenue avant de lancer les travaux, sans quoi l’infraction est constituée.
Pour en savoir plus sur la démarche adaptée à votre situation, consultez cet article qui détaille les formalités à accomplir avant tout chantier.
Quels contrôles peuvent être menés par l’administration ?
Si vous avez sollicité et obtenu l’accord d’urbanisme nécessaire, puis déposé la Déclaration Attestant l’Achèvement et la Conformité des Travaux (DAACT), l’administration dispose d’un droit de contrôle pendant le chantier et jusqu’à trois mois après réception du DAACT (articles L.462-2 et R.462-6 du Code de l’urbanisme). Pour certains projets, ce délai peut aller jusqu’à cinq mois. Passé ce délai, la conformité des travaux ne peut plus être remise en cause par la mairie.
En revanche, si aucune autorisation n’a été demandée ou que la DAACT n’a pas été déposée, la donne change. L’administration conserve alors un droit de visite et de contrôle pouvant s’étendre jusqu’à six ans après l’achèvement du chantier (article L.461-1 du Code de l’urbanisme).
Quelles sanctions en cas d’infraction aux règles d’urbanisme ?
La loi considère plusieurs situations comme des délits passibles de sanctions :
- Réaliser des travaux sans autorisation d’urbanisme (permis de construire, permis de démolir, permis d’aménager ou déclaration préalable) ;
- ne pas respecter les prescriptions du permis obtenu ;
- effectuer des travaux non conformes à la réglementation, même en l’absence d’autorisation requise ;
- poursuivre les travaux après l’expiration de l’autorisation.
En cas d’infraction parmi celles listées ci-dessus, la loi prévoit des peines sévères (article L.480-4 du Code de l’urbanisme) :
- amende de 1 200 € à 6 000 € par mètre carré irrégulièrement construit ou démoli (les montants sont multipliés par cinq pour les personnes morales) ;
- jusqu’à six mois d’emprisonnement en cas de récidive ;
- interdiction d’exercer une activité professionnelle ou exclusion des marchés publics pour les personnes morales ;
- obligation de mettre en conformité ou de démolir l’ouvrage.
Prétendre ignorer la loi ne protège pas. Dès lors que l’irrégularité est constatée, la mauvaise foi est présumée.
Prescription : pendant combien de temps risque-t-on des poursuites ?
Les infractions à la réglementation d’urbanisme relèvent du pénal. Le délai de prescription est de six ans après la fin des travaux : passé ce cap, aucune poursuite pénale ne peut être engagée.
Cependant, la mairie peut encore saisir le tribunal judiciaire jusqu’à dix ans après la réalisation des travaux. Le juge peut alors ordonner la mise en conformité du bâtiment ou sa démolition.
Autrement dit, ce n’est qu’au bout de dix ans après l’achèvement du chantier que le propriétaire est à l’abri de toute action.
Mais attention, lancer un nouveau projet une fois ce délai écoulé ne garantit rien. La mairie peut refuser tout nouveau permis dans certains cas (article L.421-9 du Code de l’urbanisme), par exemple :
- si les travaux non autorisés mettent en danger la sécurité ;
- si une condamnation à démolir a été prononcée ;
- si l’immeuble est situé dans une zone protégée (parc national, site classé, domaine public) ;
- si tous les travaux réalisés depuis 1943 l’ont été sans permis ;
- si le bien se trouve dans un secteur couvert par un plan de prévention des risques naturels majeurs (inondations, mouvements de terrain, séismes, avalanches…)
Pour prouver la date des travaux, les factures d’artisans constituent une référence fiable. À défaut, des témoignages ou des photos peuvent aussi faire foi.
ARCHITECTE EN LIGNERéponse par Monsieur Périé Architecte sous 48H, 35€ TTC
Que faire si votre voisin enfreint les règles d’urbanisme ?
Un voisin construit sans permis, ou modifie son bien sans respecter l’autorisation accordée ? Il existe des recours.
La première étape consiste à saisir le maire de la commune. Dépositaire de l’ordre public, il a l’obligation de constater l’infraction et d’en référer au procureur de la République. En attendant la décision de justice, il peut ordonner l’interruption des travaux s’ils se poursuivent.
Si le maire refuse d’agir ou ne répond pas, ce silence vaut rejet. Il reste alors un délai de deux mois pour contester ce refus devant le tribunal administratif.
Il est également possible d’alerter directement le procureur. Attention, la plainte doit être déposée dans les trois ans qui suivent la fin des travaux irréguliers.
Comment régulariser des travaux réalisés sans autorisation ?
Bonne nouvelle : il est souvent possible de régulariser une construction non déclarée.
La demande de régularisation peut venir de l’initiative du propriétaire, ou à la suite d’un contrôle de la mairie. Dans la majorité des cas, la collectivité préfère que la situation soit régularisée plutôt que de transmettre l’affaire au parquet. Régulariser ne fait pas disparaître l’infraction, mais cela permet d’échapper à la sanction.
Attention cependant : la régularisation n’est envisageable que si les travaux respectent les règles d’urbanisme en vigueur. Si ce n’est pas le cas, il faudra démolir ou modifier l’ouvrage pour le rendre conforme. Une construction illégale et non régularisable finit le plus souvent sous les pelleteuses.
Il n’existe pas de « permis de régularisation » en tant que tel. Il s’agit de déposer une demande de permis ou de déclaration comme si les travaux n’avaient pas encore été réalisés.
VOTRE PC DE RÉGULARISATION EN LIGNErapide et service abordable par notre bureau d’architecture.
À lire sur le même sujet :
- Permis de construire ou déclaration préalable ?
- Permis de construire : quels délais pour finir les travaux ?
- Recours, retrait et annulation de permis de construire : les trois risques à connaître absolument
Laissez un commentaire ci-dessous, nous vous répondrons dans les meilleurs délais. Vous avez une question sur ce sujet ?
* Devant la multiplication des questions personnelles, nous apportons gratuitement des précisions sur le contenu de l’article, mais pour toute situation individuelle, notre service de conseil en ligne reste la solution adaptée. Merci de votre compréhension.




