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Escanson1 eau canal 5 EGLISE photo ralise par la Mairie de Robion
Les « chapelles » Saint Roch, Notre Dame des Anges (et son verger villageois), San Peyre aux confins de Lagnes, l’«escalier des géants » qui permettra aux audacieux de s’approcher au plus près de la source de l’Escanson et de l’ancien four à chaux.
 
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Les « eaux » : les sources vauclusiennes du Boulon et de l’Escanson, les puits (dont le puits Abas), la « Pompe », les éoliennes, le Canal de Carpentras.

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L’« église Notre Dame » (XII° siècle) et sa chapelle du Rosaire petit chef d’œuvre baroque.

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xavier de fourviere   portalet    
Le « cimetière » et ses tombes ornées de sculptures, objets de l’intérêt du défunt durant sa vie terrestre et où l’on pourra se recueillir sur la tombe d’un enfant du pays, Albert RIEUX, plus connu sous son nom de robe « Père Xavier de Fourvière » à qui la langue provençale doit autant qu’à Frédéric MISTRAL et en particulier une grammaire, un guide de conversation et surtout un dictionnaire franco-provençal « Lou pichot tresor ».
 
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Le « vieux village », ses calades, ses remparts, le clocher de l’ancienne église St Pierre.

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ARMAND MEFFRE, DE ROBION A MAUBEC

 Armand MEFFRE

 

C’était quelqu'un d’avant-garde

Le temps passe, passe le temps. Il y a quinze ans de cela Armand Meffre, le Grand Meffre, était venu à Robion, Salle de l’Eden, pour présenter et offrir aux Robionnaises et Robionnais le très beau CD produit pour la collection «Trésors d’Occitanie » où il donne de sa belle voix grave des morceaux choisis de l’œuvre éternelle de Frédéric Mistral

Il y avait toute sa famille et tous ses amis pour ce rencontre organisé par Parlaren Roubioun, présidé à cette époque par Roger Maséra, sans oublier le poète provençal Pierre Gamonet qui plusieurs années plus tard devait assurer la relève de la présidence.

Mais qui était Armand Meffre ?

Un enfant du Luberon

 

Armand Meffre naquit à Maubec le 16 mars 1929 dans la grange du Bouteiller.

Maubec est un village adossé au Luberon dont ses habitants avaient autrefois le surnom de « coquins ». Armand tirait son nom de famille d’un mot de la vieille langue romane Matfre, prononcé Metfre, qui a pour origine le germanique Matfrid (de maht = force + frid = paix) lequel a donné Mefret dans le bassin du Rhône, Meffrey en Isère, Meffre en Vaucluse et en Drôme.

Pour ceux fort nombreux en Luberon qui ont connu Armand, son nom Meffre, s’appliquait à un homme de haute taille, d’une belle carrure, un costaud de nature. Cela lui venait  de ses parents, son père Félix Meffre et sa mère Lucienne Beaumier, qui étaient également de bonne stature. 

Ses parents affermaient  des terres à demi au quartier de l’Angle, commune de Maubec, proche de Robion, terres qui se trouvent en contrebas du Bouteiller, lieu-dit qui s’agrippe aux pentes nord du Petit Luberon et a donné son nom à un ruisseau où s’écoule l’eau de la montagne, quand il pleut, pour aller se jeter dans le Coulon sur le territoire de Robion. L’exploitation n’était pas très grande, 3 à 5 ha pas plus, mais dans le temps cela suffisait pour nourrir une famille avec les légumes et les pommes qu’ils vendaient, ainsi que la vigne qui donnait un bon vin. Les Meffre avaient leur maison plus loin.

La famille, loin d’être fortunée, faisait partie de cette population rurale soucieuse de garder ses

terres et d’agrandir son domaine. Les mariages étaient souvent arrangés, mais quelquefois les enfants arrivaient avant l’heure d’où on disait : « moi, je suis un enfant des rives (du ruisseau)… ».   

Les familles, souvent enracinées depuis des siècles dans le même village, étaient liées par la toile d’araignée d’une parenté qui se soutenait et s’entraidait.

La maison des Meffre était à la limite administrative de Maubec et de Robion, ce qui faisait dire

à Armand : « je mange à Robion et je me couche a Maubec ». Armand, comme ses parents et tous les habitants du Luberon, parlait un provençal mélangé d’influences maritimes et l’écrivait également.   

Une vie dans le terroir

 

Etienne Gauthier, membre de Parlaren Roubioun, dont le frère Henri fut l’ami de cœur d’Armand, nous a lu un texte pour l’inauguration de la Médiathèque Espace-Meffre, à Maubec, et pour une exposition de peinture de son frère Henri, à Oppède . Le voici :

«Armand a eu le privilège, comme il le disait souvent, d’appartenir à deux beaux villages du Luberon, Maubec pour son état-civil, et Robion où il a usé ses fonds de culotte sur les bancs de la communale jusqu'à son certificat d’études, obtenu en 1941, alors qu’il allait vers ses 12 ans.

Il a eu, également, la chance d’être de deux familles.

Les Meffre, d’abord, sa famille biologique et de cœur, avec ses admirables parents Lucienne et Félix, qui exploitaient des terres au quartier de l’Angle. C’était un couple de travailleurs discrets, honnêtes, attentionnés et tolérants pour leurs deux enfants Armand et Sylvette. C’était de «braves gens » comme on disait dans le temps.

Puis il y avait les Gauthier, de Robion, famille nombreuse accueillante et généreuse. Chez eux Armand était à l’aise, tellement son amitié pour leur fils Henri était forte et indestructible. Cette vieille amitié familiale avait été décuplée par une entente, une complicité parfaite d’Armand et d’Henri pour les mêmes passions : peinture, théâtre, littérature et musique. Henri était un excellent flutiste. Armand, lui, était un bon violoniste et il avait été aussitôt adopté par les habitants sympathiques de notre quartier, amicalement groupés autour du convivial et pagnolesque café Saint-Roch, tenu par notre grand-père Gauthier.

Après avoir fait ses études secondaires au collège du Sacré-Cœur d’Apt, Henri avait travaillé  dans notre petite entreprise familiale de courtage agricole tout en continuant de peindre et dessiner.

Armand de son côté avait fait son apprentissage dans sa famille, à la grange du Bouteiller, en les aidant à labourer et cultiver vignes, pommes et asperges.  Accroché aux manettes de la charrue ou de la déchausseuse, tirée par son cheval, le valeureux Champi, il allait clopin-clopant dans les vignes graveleuses de l’Angle en déclamant à pleine gorge des poèmes et des monologues. Puis tous ses moments de détente et liberté étaient consacrés à sa passion artistique qu’il venait partager avec Henri dans notre maison familiale

 

L’Avenir Artistique Robionnais

 

Léon Callot un des amis d’Armand Meffre nous a laissé un autre témoignage :

« Léon et Armand se connaissaient depuis toujours. Ils partageaient le même goût pour le théâtre. L’instituteur de la communale, M. Figuière, les avait initié à l’art de la scène en leur faisant jouer de courtes pièces. Après le certificat d’études la passion des deux collègues n’était pas rassasiée et ils décidèrent plus tard de créer une troupe théâtrale à Robion. Pour la petite histoire la décision fut prise au contour d’une terre ou Léon et Armand se rencontraient.

Léon, qui travaillait pour les Ponts et Chaussée, longeait souvent à vélo la terre ou Armand travaillait. L’après-midi filait vite et ils se quittaient avec le rituel : «perd pas les pédales ». Les échanges animés de ces deux Provençaux aboutirent vers le début des années 50, sous l’influence d’André Dumoulin, à la création de l’Avenir Artistique Robionnais, première association théâtrale de Robion .

La troupe après un début fortement marqué par le bénévolat, joua d’abord de petites scènes de 15-20 minutes, puis d’œuvres complètes de Sauvadon (Treize à table), Louis Velle (La monnaie du pape) et Jules Romain (Le docteur Knock, ou le triomphe de la médecine). Dans cette pièce Armand Meffre tenait le rôle du docteur Knock, Léon Callot celui du docteur Parpalet (surnom qu’Armand lui a donné pour la vie), Etienne Gauthier étant «la dame en noir».

Les créations de l’Avenir Artistique  Robionnais remplissaient chaque fois la Salle de l’Eden et elles étaient demandées en Apt, Cavaillon, par Le Sou des Ecoles de Robion et la Fête de Boulon à Pâques.

A la même époque un trio d’artistes s’était formé, afin d’apprendre à peindre des tableaux sous la gouverne de Justin Grégoire, l’instituteur d’Oppède, ami d’André Lhote (1885-1962), théoricien de l’art, enseignant et représentant du cubisme. Il y avait Armand qui continuait le théâtre et l’entretien des terres familiales, Henri Gauthier, René Métayer, de Saint-Andiol, qui avait passé enfance et jeunesse à Robion et devint le beau-frère d’Armand en épousant sa sœur Sylvette .

L’intérêt d’Armand pour la peinture fut remarqué par André Lhote, à Gordes, en 1949, qui l’avait invité à venir étudier gratuitement la peinture dans son académie parisienne, ce qu’il fit après avoir déménagé dans la capitale.

 

Armand Meffre monte à Paris

 

En 1956 le petit de la grange du Bouteiller était devenu un bel homme, grand et corpulent, avec une bonne voix. Cette année-là Armand Meffre fut remarqué pour son don de comédien et recommandé à Roger Planchon qui l’engagea dans sa troupe, Le Théâtre de la Comédie, à Lyon, devenu aujourd’hui le Théâtre de la Cité. Il travaillera avec Planchon pendant 4 ans puis, en 1960, s’installera à Paris loin de son Luberon natal, de ses amis et de toute sa famille. C’est là qu’il commencera une belle carrière de comédien, auteur, écrivain, scénariste, sans oublier la peinture.

Sa carrière théâtrale bénéficia des conseils et de la gouverne de Georges Wilson, Jean Deschamps, Jean Anouilh, Jean Louis Barrault et de bien d‘autres. Il joua dans un grand nombre de pièces de théâtre.

Nouvelliste et écrivain

 

C’est en 1977 que la carrière d’auteur d‘Armand débuta.

On lui doit :

* Des nouvelles publiées dans L’Humanité Dimanche et d’autres lues sur France Inter.

* La création de pièces de théâtre telles que Le Brise-Lames,  Anna Magnani, le temps d’une messe qui fut joué jusqu’en Russie et Lituanie.

* D’adaptations pour la radio (France Culture) et le théâtre, en particulier Georges Dandin devenu Jòrdi Dandin en provençal, pièce qui fut jouée par le Tiatre de la Carriera d’Arles en 1986, sans oublier d’adaptations de l’italien qu’il avait appris, langue proche du provençal qu’il parlait, et enfin un roman «Ceux qui ne dansent pas sont priés d’évacuer la piste », qui obtint un prix, en 1989, à la Journée du Livre de Sablet, en Vaucluse. 

 

Meffre acteur de cinéma

 

Armand Meffre a joué dans de nombreux films, des téléfilms et dans des feuilletons télévisés,

tous en français mais forts évocateurs de son pays natal.

C’est ainsi qu’il tint des rôles dans :

* Retour à Marseille, de René Allio.

* La Chèvre d’Or, de Marcel Cravenne (Armand y est Honorat).

Honorat).

* L’Ami Giono : Solitude de la Pitié, de Marcel Bluwal.

* L’Ami Giono : Joffroi de la Maussan,  de Marcel Bluwal (Armand y est Titin Blanc)

* Les Lavandes et le Réséda, Les Lavandes et la Liberté, Bataille pour les Lavandes, de Jean Prat (Armand en était le co-scenariste et avait le rôle de Delmas, le paysan de Caussenargues).

* Jean de Florette et Manon des Sources de Claude Berri (Armand y est Philoxène).

* Le Pays Bleu, de Jean Charles Tachella, film tourné en Pays d’Apt (Armand y est Moïse).

* Maurin des Maures, de Claude Dagnes (Armand y est Pastouré).

* L’Arlésienne, de Pierre Badel (Armand y est Mitifio).

* Les Lettres de mon Moulin, de Pierre Badel (Armand y est Francet Mamai).

* L’Hiver d’un Gentilhomme, de Yannick Andrei (Armand y est Sauvari).

* Le Sanglier de Cassis, de Carlo Rim (Armand y est le maire).

* Colline, d’après Giono, de Lazare Iglesis (Armand y est Gondran).

* Et par-dessus tout ce qui fut le chef-d’œuvre d’Armand Meffre la série télévisée : La Fin du Maquisard d’Aurel,  réalisée  par Guy Lessertisseur. Cette série est inspirée du roman d’Henri de la Madeleine, auteur comtadin du 19ème siècle. Armand en créa le scenario et les dialogues. L’action se passe à Aurel, petit village du Ventoux, du temps de la Révolution de 1789 et sous le Directoire. Armand y est Lopis, le fermier du marquis, lequel est joué par Pierre Vaneck. Léon Callot et Maurice Bougnas, ses amis robionnais, furent du tournage de ce téléfilm en 4 épisodes. 

 

La peinture de Meffre

 

Armand Meffre, formé par Justin Grégoire et André Lhote, fera de sa peinture son violon d’Ingres. Il  maîtrisera la peinture à l’huile, l’aquarelle, le fusain. Son art n’est pas abstrait ou plutôt c’est de l’abstrait figuratif. C’est un univers onirique, pétri de couleurs, et qui va à l’essentiel. Il soulage le concret de ses fanfreluches quotidiennes et de ses ustensiles fonctionnels, pour en dévoiler les formes cachées, les couleurs, les sons, les parfums, l’origine.

Il trouvera son inspiration dans les paysages, les villages, les gens de son Luberon natal et dans

sa découverte de la ville de Sète, la cité de Georges Brassens en Languedoc (capitale Toulouse).

Les œuvres d’Armand Meffre seront présentées un peu partout, dans de nombreuses expositions et bien sûr chez lui, dans son pays provençal.

 

Le mal du pays

 

Armand Meffre a épousé Josseline, réalisatrice de cinéma, qui avait pris dans son métier le prénom de Pomme. Ils ont eu 2 enfants, Henri et Amélie. Ils s’étaient installés dans l’Yonne à Perreux, non loin de Paris, où se trouve toujours leur maison familiale.

Armand, pourtant, avait le mal du pays. Pendant toutes ces années il n’oublia pas son nid. Il entretenait des liens avec le couple Métayer, ainsi qu’avec ses oncles, tantes et cousins Beaumier, Boudoire, Etienne Gauthier et ses nombreux amis d’enfance de Robion et Maubec. Il venait souvent à Robion avec Pomme et ses enfants, ainsi qu’à Maubec où sa mère demeurait.

Après la mort de celle-ci, Armand dû se séparer de son verger qu’il avait à proximité de la mairie de Robion. Dans une lettre de 1981 Armand écrivit à la famille de son oncle Beaumier :

« Je suis été obligé de vendre mon beau verger, cela me fait mal mais ma maison de l’Yonne perdait sa toiture et les enfants étant grands j’ai dû acheter un atelier pour pouvoir continuer à peindre et à écrire pour gagner ma vie. Ma consolation c’est qu’ainsi je pourrai encore parler de notre beau pays dans mes tableaux et mes  écrits ».

Armand Meffre reviendra régulièrement à Robion ou il pouvait louer une maison d’hôtes chez son cousin Boudoire.

Il quitta ce monde le 16 mars 2009, à Auxerre, dans l’Yonne. Il avait 80 ans. A l’exemple de Farfantello dont les cendres furent éparpillées dans le Rhône, celles d’Armand le furent dans l’endroit qu’il avait indiqué, le ruisseau des pierres, à Perreux, lequel devait certainement lui rappeler le ruisseau du Bouteiller, en Luberon, cher à son enfance.

Son fils, Henri Meffre, a pris la suite de son père. Il a pu profiter de l’univers artistique et des

connaissances d’Armand. Il aime peindre des scènes de la vie urbaine. Il sait, dans ses toiles, rendre lumière, couleurs et perspectives. Il est journaliste à Paris.

Sa fille, Amélie, a créé un joli blog sur internet, où l’on  peut admirer un beau choix de tableaux d’Armand

Robion, également, se souvient du Grand Meffre. On ne le voit plus avec son imposante carrure assis à l’ombre des platanes de la Place de la Pompe, en face à la mairie, mais son souvenir et celui de ses œuvres sont toujours là.

A Maubec on a créé un Espace Culturel Meffre qu’Armand aurait certainement bien aimé, lui le Luberonnais transplanté en région parisienne, où il fit une belle carrière de grand comédien, écrivain, peintre, et où il a trouvé l’amour avec Pomme (Josseline) et fondé une famille.

* Texte traduit en français par Jack Rey, d’après l’article réalisé avec ses documents en provençal, et les conseils de Jean-Claude Roux, pour le numéro 197 des «Nouvello de Prouvènço ».

Jack Rey est allié aux Boudoire par sa mère Juliette Boudoire, sœur de Marcel Boudoire époux de Huguette Beaumier, nièce de la mère  d’Armand Meffre.

                                                                                     Robion Novembre 2016

  

     

 

Armand Meffre

de  Mau-Bè e de Roubioun

Lou tèms passo e passo lou tèms...I’a quinge an d’acò, Armand Meffre, lou grand  Meffre, èro vengu à Roubioun, salo de l’Eden, pèr presenta e pourgi i Roubiounenco e Roubiounen, lou tras-que bèu CD proudu pèr la couleicioun «Trésors d’Occitanie» (1) ounte douno de sa voues bello de tros causi de l’obro eterno de Frederi Mistral.

I’avié aqui touto sa parentèlo e tóuti sis amigo e ami, pèr aquelo sesiho endreissado pèr Parlaren Roubioun, beileja pèr Rougié Masera, sènso óublida lou pouèto prouvençau Pèire Gamonet que devié pièi, d’annado après, assegura la relèvo.

Mai quau èro Armand Meffre?

Un pichot dóu Luberoun

Armand Meffre èro nascu à Mau-Bè lou 16 de Mars de 1929, dins la granjo dóu Boutihié. Mau-Bè es un vilage adoursa au Luberoun e que sis abitant avien, antan, pèr escais-noum «li couquin».

Armand tiravo soun noum d’oustau dóu vièi rouman Matfre (2), mot d’óurigino germanico Matfrid (maht = forço, poudé + frid = pas), qu’a douna Mefret (bacin dóu Rose), Meffrey (Isèro) e Meffre (despartamen de Vaucluso e de Droumo).

Pèr aquéli, forço noumbrous en Luberoun, qu’an couneigu Armand Meffre, soun noum d’oustau s’aplicavo d’en plen à-n-un ome d’auto taio, d’uno estampaduro di bello, un balès de naturo. Acò ié venié de si gènt, de soun pèro, Fèli Meffre, e subre-tout de sa mèro, Luciano Beaumier, qu’èron tambèn de bono carraduro.

Si gènt arrendavon de terro à miejo au quartié de l’Angle, coumuno de Mau-Bè, proche aquelo de Roubioun. S’atroubavon en contro-bas dóu Boutihié, rode qu’es adaut dóu pendis ubacous dóu Pichot Luberoun e qu’a douna soun noum à-n-un vabre ounte davalo l’aigo de la mountagno, segur quand plòu, pèr s’ana traire dins Cauloun (3) sus lou territòri de Roubioun. L’esplecho èro pas grandarasso, 3 à 5 eitaro pas mai, mai acò, antan, bastavo pèr nourri uno famiho emé li liéume e li poumo que vendien, e la vigno que dounavo un vin di bon. Li Meffre avien soun oustau plus liuen.

Si gènt, meme s’èron liuen d’èstre drud, fasien partido d’aquelo poupulacioun ruralo soucitouso de garda si terro e d’agrandi soun doumaine. Li maridage èron souvènt pèr acò arrenja, mai tambèn lis enfant arribavon de-cop avans l’ouro, d’aqui lou biais de dire «siéu un enfant dei ribo...».

Li famiho, souvènt enrasigado despièi de siècle dins lou meme vilage, èron ligado pèr la telaragno d’uno parentèlo alargado que li soustenié e ié prestavo ajudo. 

L’oustau di Meffre èro d’escambarloun sus li limito amenistrativo de Mau-Bè e de Roubioun, ço que fasié dire à Armand «mange à Roubioun e m’empaie à Mau-Bè».

Armand, coume si gènt e tout lou brave mounde dóu Luberoun, parlavo un prouvençau grana, un pau mescla d’enfluènci maritimo e, éu-meme, l’escrivié.

Uno vido dins lou terraire

Estève Gauthier, sòci de Parlaren Roubioun, que soun fraire Enri fuguè lou cardacho d’Armand, nous a fisa  dins uno dicho prounounciado pèr l’inaguracioun de la Mediatèco Armand Meffre à Mau-Bè, e pèr uno mostro de pinturo de soun fraire Enri Gauthier, en Óupedo, que :

«Armand avié agu lou privilège, coume disié souvènt, d’aparteni à dous poulit vilage dóu Luberoun, Mau-Bè pèr soun estat-civil e Roubioun ounte avié gausi si braio sus li banc de la «Coumunalo» enjusqu’à soun certificat d’estùdi davera en 1941, coume manjavo dins si douge an.

Avié, tambèn, agu la chanço d’èstre de dos famiho. I’avié, d’abord, li Meffre, sa famiho bioulougico e de cor, que si gènt remirable, Luciano e Fèli, esplechavon de terro au quartié de l’Angle.

Èro un parèu de travaiadou discrèt, ounèste, atenciouna e toulerant pèr si dous enfant : Armand e Sivèuto. Èro de «bràvi gènt» coume se disié antan.

«Pièi, i’avié li Gauthier, de Roubioun, famiho noumbrouso, acuiènto e generouso. Encò d’elo, Armand èro à l’aise, talamen soun amista pèr lou fiéu, Enri Gauthier, èro forto e indestrutiblo.

«Aquelo longo e vièio amista famihalo èro estado decuplado pèr uno entènto, uno coumpliceta perfèto pèr li mémi passioun : pinturo, tiatre, literaturo e musico. Enri èro un eicelènt flahutisto. Armand, qu’èro un bon vióulounisto, èro esta quatecant adóuta pèr lis abitant simpati de noste quartié, amicalamen groupa autour dóu counviviau e pagnoulesc Cafè «Sant-Ro», tengu pèr nòsti grand Gauthier.

«Après agué fa sis estùdi segoundàri au coulège dóu Cor-Sacra en Ate, Enri travaiè dins la pichoto entre-presso famihalo coume courtié agricolo, tout en countuniant de pinta e dessina.           

«Armand, de soun coustat, avié fa soun aprendissage vers si gènt, à la granjo dóu Boutihié, en lis ajudant fatura vigno, poumo e espargo. «Acrouca ei maneto de l’araire o de la descaussouso (4) tirassa pèr lou valourous «Champi», trapejavo pèd-descaus sei vigno gravelouso de l’Angle, en declamant à plen de gargamello de pouèmo e mounoulogue». Pièi, tóuti si moumen de detènto e de liberta èron counsacra à sa passioun artistico que venié parteja em’ Enri dins noste oustau famihau».

L’Avenir Artistique Robionnais 

Leoun Callot, un dis ami d’Armand Meffre, nous a leissa un autre temouniage :

«Leoun e Armand se couneissien despièi toujour. Partejavon lou meme goust pèr lou tiatre. L’istitutour de la «coumunalo», Moussu Figuiere, lis avié inicia is art de la sceno en ié fasènt jouga de pèço courteto.

«Après lou certificat d’estùdi l’apetis de tiatre di dous coulègo èro pas assadoula e decidèron, plus tard, de crea la proumiero troupo tiatralo de Roubioun. Pèr la pichoto istòri la decisioun fuguè presso à la cance d’uno terro ounte Leoun e Armand se rescountravon.

«Leoun, que travaiavo pèr li Pont e Caussado, souvènt à velò, bourdejavo la terro ounte Armand passavo la descaussouso (4). L’après-dina fielavo lèu e se quitavon em’un «Perd pas les pédales!». Lis escàmbi anima d’aquéli dous Prouvençau s’acouchèron, vers la debuto dis annado 1950, bono-di l’enfluènci d’Andriéu Dumoulin (5), de la creacioun de «L’Avenir Artistique Robionnais», proumiero assouciacioun tiatralo de Roubioun. 

«La troupo, après uno debuto forço marcado pèr lou «benevolat», jouguè d’abord de sceneto de 15-20 minuto. S’ataquè pièi en d’obro coumplèto de Sauvadon (Treize à table), Louïs Velle (A la monnaie du Pape) e de Jùli Romain, Le Docteur Knock ou le triomphe de la médecine. Dins aquelo pèço Meffre tenguè lou role dóu Dr Knock, Callot lou dóu Dr Parpalet (escais-noum qu’Armand ié dounè pèr la vido...) e Estève Gauthier èro «La dame en Noir».

«Li creacioun de «L’Avenir Artistique Robionnais» remplissien, chasque cop, la Salo de l’Eden e èron demandado en Ate, Cavaioun, pèr «Le Sou des Ecoles» de Roubioun e li Fèsto de Pasco, à Bouloun».

Vers la memo epoco, un triò d’artisto s’èro fourma, fin d’aprene à pinta de tablèu souto la beilié de Justin Gregoire, l’istitutour d’Óupedo, ami d’ Andriéu Lhote (1885-1962), teourician de l’art, ensignaire e representant dóu cubisme. I’avié Armand, que countuniavo lou tiatre e l’entre-tèn di terro de si gènt, soun ami Enri Gauthier e Reinié Metayer, de Sant-Andiòu, qu’avié passa soun enfanço e sa jouinesso à Roubioun, e que devenguè lou cougnat d’Armand en s’amouierant emé sa sorre Sivèuto.

L’interès d’Armand pèr la pinturo èro esta remarca pèr Lhote, à Gordo, en 1949, que l’avié counvida de veni estudia d’à gràtis la pinturo dins soun acadèmi parisenco, ço que faguè après agué fa soun sant-miquèu dins la capitalo.

Armand Meffre mounto à Paris

1956. Lou pichot de la granjo dóu Boutihié èro, desenant, un bèl ome, grand e courpourènt, em’uno bono voues.

Arrivè lou moumen, aquesto annado, qu’Armand Meffre fuguè tambèn remarca pèr si doun de coumedian e recoumanda à Rougié Planchon que l’engagè dins sa troupo «Le Théâtre de la Comédie» à Lioun, vengu pièi «Le Théâtre de la Cité».

Travaiara emé Planchon pendènt 4 an, pièi, en 1960, s’istalara en Paris, liuen de soun Luberoun natau e de sis ami, coume de touto sa parentèlo.

Es aqui qu’entamenè uno carriero di bello de coumedian, atour, escrivan e scenaristo, emé tambèn la pinturo, «sa» pinturo.

Sa carriero tiatralo fuguè endrudido souto la beilié de Jòrgi Wilson, Jan Deschamps, Jan Anouilh, Jan-Louïs Barrault e bèn d’autre. Jouguè dins un grand noumbre de pèço de tiatre.

Nouvelisto e escrivan

Es en 1977 que sa carriero d’autour debutè.

Ié devèn :

* De nouvello publicado dins L’Humanité Dimanche e d’autro legido sus France-inter.

* La creacioun de pèço de tiatre coume Le Brise-Lames, Anna Magnani le temps d’une messe que fuguè jougado enjusqu’en Russìo e en Letounìo.

* D’asatamen pèr la radiò (France-Culture) e lou tiatre, em’en particulié Georges Dandin devengu Jòrdi Dandin en prouvençau e jouga pèr lou Tiatre de la Carriera en 1986. Sènso óublida d’asatamen de l’italian qu’avié aprés, lengo talamen procho dóu prouvençau que parlavo.

* E enfin un rouman, Ceux qui ne dansent pas sont priés d’évacuer la piste, que daverè un prèmi, en 1989, i Journado dóu Libre de Sablet, en Vaucluso.

Meffre atour de cinema

Armand Meffre jouguè tambèn dins de filme noumbrous, de telé-filme e dins de fueitoun televisa, tóuti en francés, mai forço evoucaran soun païs natau.

Es ansin que tenguè de role dins  :

* Retour à Marseille, de Reinié Allio.

* La Chèvre d’Or, de Marcèu Cravenne (Armand i’es Honorat).

* L’Ami Giono : Solitude de la pitié, de Marcèu Bluwal.

* L’Ami Giono : Joffroi de la Maussan, de Marcèu Bluwal (Armand i’es Titin Blanc).

* Les lavandes et le réséda, Les lavandes et la liberté, Bataille pour les lavandes, de Jan Prat (Armand fuguè co-scenaristo e i’es Delmas, lou païsan de Caussenargues).

* Jean de Florette e Manon des Sources, de Glaude Berri (Armand i’es Philoxène).

* Le pays bleu, de Jan-Charle Tacchella, filme tourna en Païs d’Ate (Armand i’es Moïse).

* Maurin des Maures, de Glaude Dagues (Armand i’es Pastouré).

* L’Arlésienne, de Pèire Badel (Armand i’es Mitifio).

* Les lettres de mon moulin, de Pierre Badel (Armand i’es Francet Mamai).

* L’Hiver d’un gentilhomme, de Yannick Andrei (Armand i’es Sauvàri).

* Le sanglier de Cassis, de Carlo Rim (Armand i’es lou proumié conse).

* Colline, d’après Giono, pèr Lazare Iglesis (Armand i’es Goundran).

* E, subre-tout, ço que fuguè lou cap-d’obro d’Armand Meffre, es la serìo televisado «La fin du Marquisat d’Aurel», realisado pèr Guy Lessertisseur. Aquelo serìo fuguè ispirado dóu rouman d’Henry de la Madelène (6), autour coumtadin dóu siècle 19en.

Armand Meffre n’en creè lou scenariò e li dialogue. L’acioun se debano en Aurèu, pichot vilage dóu Ventour, dóu tèms de la Revoulucioun de 1789 e souto lou Direitòri. Armand i’es Lopis, lou grangié dóu marqués jouga pèr Pèire Vaneck. D’ùni Roubiounen, tau Leoun Callot e Maurise Bougnas fuguèron dóu tournage d’aquéu telé-filme en 4 episòdi (7).

La pinturo de Meffre

Armand estènt esta fourma pèr Justin Gregoire e Andriéu Lhote, fara de la pinturo mai que soun vióuloun d’Ingres.

Mestrejara la pinturo à l’òli, l’eigarello e lou fusan. Soun art es pas abstra, o pulèu es d’ abstra figuratiéu. Es un univers ouniri, pasta de coulour e que vai à l’essenciau. Escoubo lou councrèt de sis  atifet quoutidian e de sis arnés founciounau. N’en desvèlo li formo escoundudo, li coulour, li son, li prefum, l’óurigino.

Troubara soun ispiracioun dins li païsage, li vilage e li gènt de soun Luberoun natau, e dins sa descuberto de la vilo de Sèto, la ciéuta de Jòrgi Brassens, en Lengadò.

Lis obro d’Armand Meffre saran presentado, un pau de pertout, dins de noumbróusi mostro, e bèn segur au siéu, dins soun païs.

Lou làngui dóu païs

Armand Meffre s’èro amouiera emé Jousselino, realisatriço de cinema qu’avié pres, dins soun mestié, lou pichot noum de Pomme. Aguèron dous enfant : Enri e Amelìo.

Lou parèu s’èro istala dins l’Yonne, à Perreux  (8), proche Paris, ounte s’atrobo toujour l’oustau famihau.

Armand, pamens, avié lou làngui dóu païs. Pendènt tóuti aquélis annado, óublidè pas soun nis. Entre-tenié de liame emé lou parèu Metayer coume emé sis ouncle e si tanto di famiho Beaumier e Boudoire, ansin qu’em’ Estève Gauthier e si noumbrous amigo e ami d’enfanço de Roubioun e de Mau-Bè.

Venié souvènt à Roubioun emé Pomme e sis enfant, ansin qu’à Mau-Bè ounte sa mèro demouravo.

Après la despartido d’aquelo d’aqui, deguè se separa d’un vergié qu’avié darrié la coumuno de Roubioun. Dins uno letro de 1981, Armand Meffre diguè :

«Je suis été obligé de vendre mon beau verger; cela m’a fait mal, mais ma maison de l’Yonne perdait sa toiture et les enfants étant grands, j’ai dû acheter un atelier pour pouvoir continuer à peindre et à écrire pour gagner ma vie (...).

Ma consolation c’est qu’ainsi, je pourrai encore parler de notre beau pays dans un tableau et mes écrits».

Armand Meffre revendra regulieramen à Roubioun ounte poudié louga uno chambro d’oste.

Quitè aqueste mounde lou 16 de Mars de 2009 en Auxerre, dins l’Yonne. Avié 80 an. À l’eisèmple de Farfantello, que si cèndre fuguèron tra dins lou Rose, aquéli d’Armand fuguèron escampiha dins lou «rû des pierres», à Perreux, dins un riéu qu’avié endica e que lou rode ié ramentavo, belèu, lou quartié dóu Boutihié de soun enfanço.

Soun «chat», Enri Meffre, a pres la seguido de soun pèro. A pouscu prouficha de l’univers artisti e di couneissènço d’Armand. Amo pinta de sceno de la vido vidanto urbano. Saup, dins si telo, rèndre lus, coulour e perspeitivo. Es journalisto à Paris.

Sa chato, Amelìo, a crea un poulit «blog» (9)sus la telaragno ounte se pòu remira uno galanto chausido de tablèu d’Armand.

Roubioun, tambèn, se souvèn dóu Grand Meffre. Se vèi pus, emé soun estampaduro, asseta à l’oumbro di platano de la Plaço de la Poumpo, en fàci la coumuno. Mai soun souveni e lou de soun obro soun sèmpre aqui.

E à Mau-Bè an crea la Mediatèco - Espàci Culturau Armand Meffre, fougau artisti qu’aurié de-segur forço ama lou Luberounen desmama en regioun parisenco, ounte faguè uno bello carriero de grand coumedian, escrivan, pintre, e ounte troubè l’amour emé Pomme e foundè uno famiho n

Noto :

1. Obro agoutado. Se pòu trouba sus la telaragno.

2.Matfre : devié se prounouncia proubable «M(è)tfre» en vièio lengo roumano.

3. Cauloun : d’Ate davalo uno ribiero, lou Calavoun, mai passa Lou Coustelet, pren lou noum de Cauloun e vai se traire dins Durènço à Cavaioun.

4. Descaussouso : óutis apela tambèn «grifon» dins lou parla franchimand de l’endré.

5. Autour dóu libre «Robion, monographie».

6. Henry de la Madelène (1825-1887).

7. Se pòu croumpa sus lou site de l’INA, vèire çai-souto.

8. Perreux : anciano coumuno de l’Yonne. Fai partido aro de la coumuno nouvello de Charny-Orée-de-Puisaye.

9. Picas sus lou clavié  de voste ourdinatour :

amelie.meffre.over-blog.com/album-2040508.html

o tout simplamen : tableaux d’Armand Meffre.

Tèste realisa pèr Jack Rey, de Roubioun, emé l’ajudo de Jan-Glaude Rpux, baile di Nouvello de Prouvènço, e pareigu dins lou n°197 d’aquelo revisto.

   
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